OPENING SESSION BINIC FOLK BLUES FESTIVAL à la salle de l'Estran, le 24/07/2025 - GUY BLACKMAN
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OPENING SESSION BINIC FOLK BLUES FESTIVAL à la salle de l'Estran, le 24/07/2025 - GUY BLACKMAN
Histoire de contre-pied direction croc-en-jambe, Guy Blackman se trouve coincé entre 2 formations qui s'agitent pendant l'emploi.
Guy, lui, ne s'énerve pas, avec son sourire franc et doux de bisounours, du vrai! D'ailleurs, auteur d'un album en 2008, il a ensuite préféré se mettre à l'abri pendant plus de 15 ans, avant de revenir avec un nouveau disque cette année 'Our sight'.
Assis devant son piano, cheveux gris raz et chemise à carreaux, il se dit heureux et en même temps impressionné d'être à Binic, heureusement 3 copains l'accompagnent sur scène, en t-shirt d'été... donc pas des manches :
Julien Gasc, à la basse (fondateur d'Aquaserge à Toulouse), t-shirt blanc sur jean, la discrétion incarnée,
Emmanuel Mario (Laetitia Sadier, Astrobal), à la batterie, casquette rouge et t-shirt 'Aquaserge',
Liam Parsons (Good Morning de Melbourne), à la guitare, l'homme en blanc et pantalon sur les mollets.
L'assistance, plus clairsemée, sélectionne les connaisseurs ou vaillants supporters de l'artiste et des familles et enfants assis.
Dès les premières notes au piano électrique sur "I Love Myself For You", on se sent arrosé par une vague de gouttelettes mélancoliques. On part en balade sur un piano larmoyant et une guitare en arrache-cœur. 'I know that I'm a fool...'. Au fond Emmanuel, n'hésite pas à laisser rebondir ses baguettes, enveloppées par un gros son de basse. La voix fragile, presque chevrotante, émeut d'entrée.
"Carlton North" fête ses 18 ans sur une rythmique élastique et réconfortante. Quant à la mélodie, c'est du joyau pop pur!
Ici on parle de chansons avec des textes et Guy n'hésite pas à commenter.
Sa mère était secrétaire à l'ambassade de Belgique en Nouvelle-Zélande et "Elle doit être fière de m'entendre parler français".
Et oui, le Guy, éminemment sympathique, tente notre langue, parfois aidé par Julien.
Tu veux danser? "Don't Ask Don't Tell" se veut groovy sur sa batterie à rebonds en accord avec la basse controlée par Julien, sous les lumières... mais dans l'ombre. Les arrangements, plus dépouillés que sur le disque, laissent une impression d'extrême légèreté.
"Stay on the beat", aux accords sèchement brossés sur la guitare, accompagnée d'un clavier sautillant, sera le seul morceau qu'on qualifiera de rock.
"Je sue tellement que je ne vois plus rien à travers mes lunettes. Peut-être, je peux les enlever... ah vous êtes très beaux!" Ahaaa, on le croit, surtout flous!
Guy introduit le duo avec Julien qui, selon lui, a une belle voix. On ne le contredira pas non plus. "Let Me Let You Let Me Down " traine sa peine sur une cadence lente où Guy vient, parfois, mêler sa sensibilité vocale au grain du timide barbu français.
"Touch And Go" ne quitte pas le trot, et pourtant goût de trop peu, car les morceaux demeurent très courts (2/3 minutes). On perçoit un petit balancement quasi langoureux. 'C'est la 3è fois qu'on la joue, il faut la travailler encore...'.
S'il fallait faire un parallèle avec un autre musicien australien qui connait bien l'endroit, ce serait Maxwell Farrington lorsqu'il nous dorlote avec sa voix de crooner.
"The Backyard", un poil plus long, vient nous bercer avec tendresse. Empreinte de délicatesse, la mélodie, fluide, provoque une intensité émotionnelle pénétrante. On en pleurerait!
Guy essaie de nous expliquer, qu'étant adolescent, son homosexualité naissante, l'empêchait de bien chanter, en théorie. Julien suggère 'Homosexualité refoulée'. "It hurts me to sing" sonne profondément triste dans une ambiance quasi bluesy.
Faux départ pour une chanson aussi enjouée qu'accueillante "You're More Than Welcome". Elle permet à Liam de distribuer un superbe petit solo.
"Dark & Quiet Place", en duo avec Liam, trimballe, dans sa besace soul, une lourde nostalgie tellement belle dans ses élégantes notes détachées. La rythmique passe les balais et le chant du guitariste prend des allures à la Macca.
Puis, 'You can sing along ...', Guy propose qu'on chante avec lui "Always Gonna Love You More", un aveu réconfortant sur son piano électrique sautillant. La ritournelle s'entonnerait presque en chœurs, comme une comptine, un truc simple, rempli d'évidences.
Conclusion avec "Gayle", titre extrait de son premier album de 2008, qui dépasse les 4 minutes, un pavé! La composition, très construite, installe une ondulation soul lascive à tendance disco. Plusieurs fois, un espace instrumental traverse lestement le paysage.
Par une suite de chansons, chaleureusement appréciées comme dans nos chaussons, une brise sentimentale dresse, avec douceur, le fin duvet de notre peau. Oui vraiment, une interprétation qui s'est jouée à fleur de peau...
Tu peux encore en avoir la preuve dimanche 27 Juillet à 15H50, plage de la Banche à Binic, avec, en prime, l'atmosphère marine.
SETLIST
1-I Love Myself For You
2-Carlton North
3-Don't Ask Don't Tell
4-Stay on the beat
5-Let Me Let You Let Me Down
6-Touch And Go
7-The Backyard
8-It hurts me to sing
9-You're More Than Welcome
10-Dark & Quiet Place
11-Always Gonna Love You More
12-Gayle
