FURY CALLING à l'Echo, Plaintel le 10 Octobre 2025
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FURY CALLING à l'Echo, Plaintel le 10 Octobre 2025
Le 35 descend dans le 22 où le nouveau café concert, l'Echo a ouvert ses portes il y a 15 jours. Et de l'écho, on en a déjà et plutôt en bien. Il faut dire que le lieu Malakoff, facile d'accès, reste à 15 mns, tout mouillé, de St Brieuc. Quant à la configuration, on se contentera de dire, avec modestie, que mieux, c'est la Scala que tu vises, l'italienne hein, pas celle de Thionville!
Vaste troquet avec terrasse, 1ère salle de bar et 2è pièce en contrebas, après une volée de marches (qui pourrait servir de rampe d'atterrissage, en cas de faiblesse en fin de soirée!). En bas, beaucoup de place avec une vraie scène et du vrai son! Porte ouverte à l'arrière où nous attendent tables, buvette et un food truck, le luxe quoi! Pour ne rien gâcher, des tenanciers forts sympathiques nous accueillent et comptent bien conserver ce rythme de concerts... gratuits! Si si, comme quoi, tu peux faire dans l'Echo-nomie et t'abreuver sans te ruiner...
On nous dit que Corinne, la patronne, joue elle-même dans un groupe rock (Fireball) d'où l'espace particulièrement adapté aux musiciens, elle sait de quoi elle parle!
Après une première salve de paroles desséchantes (dur à dire!), on y va donc direct au zinc pour Corinn' tit goutte mais vous connaissez probablement déjà la blague!
On nous signale la présence d'un certain nombre de musicos in situ, dont le bassiste de Hawkins, des énervés qui ont étrenné l'estaminet 15 jours avant.
Les planches fument d'ailleurs encore lorsque Fury Calling y met les pieds (quoi, j'exagère?).
On a découvert le trio heavy blues-rock par son bassiste, membre du Blue Grizzly (reçu à Radioactiv') programmé juste après, des poilus qui n'ont pas l'humour mielleux.
Un EP 4 titres en 2024 suscite mon intérêt pour ce rock classique, énergique, bien composé et une interprétation irréprochable (voir ici ). Tout s'explique : une rumeur signale la présence d'un prof de guitare et un prof de batterie dans la formation.
La triplette électrique, 2 barbus et un glabre :
Adrien Penhouet chant, guitare
Tanguy Poirier basse
Josselin Matignon batterie
Le top départ se donne dans la foulée du soundcheck, effectué par Gaëtan, leur pote batteur des grizzlys. Josselin construit un motif simple pour installer "Bull's eyes". La voix passe super bien, soutenue par les 2 accolytes sur le refrain. Le riff s'opère sur la basse en fuzz. Avec Adrien, à la gratte teinte érable, pas d'esbroufe malgré sa planche d'effets personnalisée qui en fait saliver plus d'un dans le public. Josselin travaille son groove avec minutie et Tanguy ne ménage pas ses cordes.
Un joli riff, à la guitare cette fois, élève "Silverspoon" sur un refrain entrainant, superbement amené. Là, impossible de faire dans l'économie des mouvements corporels et autres frappes du pied tant la rythmique est carrée. Les musiciens font bloc même si Tanguy a la plus belle paire ... de bretelles, rouges, couleur vive en concurrence avec un canari jaune dans le public.
"All pretend" démarre sur une guitare cristalline et des cymbales en clochettes. Plein de mélancolie renforcée par le chant, la plage monte en puissance avec un pattern, bien mouliné à la batterie. Une conclusion effrénée et intense lâche les chevaux pour l'arrivée du tiercé!
Le facétieux Tanguy, soudainement pris d'une envie pressante, s'en va exécuter ses basses œuvres à l'extérieur... hé ho! Pas de sous-entendus mal placés hein, je parle de son instrument dont il veut faire profiter tout le monde! Au retour, il s'arrête devant la baie, croyant voir son reflet dans la glace, mais c'est Gaëtan qui se paye sa tête!
"Light up" chauffe l'atmosphère malgré un refrain plus apaisé. Le ton musclé permet à Tanguy, qui fait corps avec son instrument, de tirer des grimaces, enviées par les singes, tout en exécutant la danse du Limbo, le buste de plus en plus en arrière sur des jambes quasiment en accordéon. On envie sa souplesse sans craquement!
Cette fois, Adrien a changé sa première guitare contre une seconde ébony and ivory (poétique mais pompé!) pour un riff assez gras, accompagné de postures métaleuses. La rythmique de "Hit me again" muscle son jeu. Après cette intro, le chant se pose sur un déroulé plus rectiligne puis le refrain tonique, chanté à 3.
"Passengers" détient un sacré potentiel arena rock en invitant le public dans des who-hoho appréciés.
Un riff, bassement accordé, noircit la texture de "Punk painter" qui fait headbanguer Tanguy, jamais à cours de positions teigneuses et autres balancements autistes. Le morceau bascule alors sur une approche heavy blues funky aux notes de basse dodues.
Retour à la gratte érable et à la bière blonde (y'a du rab)! "Tomawok", bien marqué aux tambours indiens, chevauche un rock sévèrement burné. Ils savent y faire le trio, le ton ne faiblit pas et on continue de se trémousser la pinte. Apparait dans la nuit le canari, derrière la baie vitrée, il revient d'Indochine (Canary bay ahaa).
Et alors que je me fais la remarque qu'il n'y a pas de temps mort, "Look at the rain" le single tombe à pic pour prendre une bonne respiration. La guitare débute en arpège, la basse amène le liant et la batterie claque sobrement. Sur le refrain, le trait musical prend une ampleur euphorique.
Alerte! Ouvrez grand les esgourdes! "Raise the alarm" est un titre majeur. Intro sombre à grosse basse, grosse caisse, grosse baffe! Le chant, on ne peut plus mélodieux, exploite magnifiquement les espaces entre les riffs et un gimmick synthétique.
Un hymne héroïque à la New Model Army!
Et puis le morceau "All we can do" montre une étendue musicale exotique qu'on ne leur connaissait pas. L'ambiance, carrément reggae, s'annonce festive par ses 'taptaptalapta' à reprendre en chœurs. Par instants, le rock épais reprend ses droits mais les gratteux décident de passer en mode collaboratif. Tanguy lâche les cordes et va inviter les clients du bar à participer y compris dehors. Pendant que Josselin assure seul la cadence, Adrien donne ses directives dans le micro sur scène, en s'adressant à l'étage supérieur. Et comme souvent, même les prières ont du mal à se faire entendre en haut lieu ou même aux cieux. Alors Tanguy revenu sur scène, grimpe l'escalier pour tenter de remettre un peu d'ordre... et revient en génuflexion. La messe est dite...
La trame funky de la basse de "Ready to start" domine les accords de guitare. Les voix fougueuses survolent ensuite une nappe de clavier préenregistrée. 'Are you ready to start now?' résonne telle une question tardive alors qu'on atteint la fin du set.
"Shame" possède beaucoup de consistance avec une rythmique lourde et un riff saccadé. Le chant y trouve une place harmonieuse. Tanguy retourne faire son show dans le public entrainant avec lui Adrien pour un final ébouriffant. Josselin, jaloux, a oublié les roulettes pour ses fûts mais pas les rouleaux sur les peaux.
Trop content de cette première partie de soirée, je me promets déjà de revenir et faire écho pour l'endroit où l'appel de la fureur résonne encore jusqu'à Rennes (mais non j'exagère pas!). Du solide rock, mûr pour un album, le Grizzly n'a qu'à bien se tenir pour prendre la suite.
SETLIST
01-Bull's eyes
02-Silverspoon
03-All pretend
04-Light up
05-Hit me again
06-Passengers
07-Punk painter
08-Tomawok
09-Look at the rain
10-Raise the alarm
11-All we can do
12-Ready to start
13-Shame
