THE SOUNDBYTE - Still quiet LP 2025

Album Review

Album: 
THE SOUNDBYTE - Still quiet LP 2025
Artist: 
THE SOUNDBYTE
Style: 
POST METAL
Date: 
12/07/2025
Reviewed by: 
NOPO

THE SOUNDBYTE - Still quiet LP 2025

The Soundbyte n'est pas né de la dernière pluie, ni même de la dernière neige vu qu'ils viennent de Norvège. Il s'agirait même d'un solide iceberg car le groupe existe depuis 1998, sous la direction de Trond Engum (le tronc?), déjà l'un des fondateurs du groupe The 3rd and The Mortal, né, lui en 1992 et ressucité en 2024. Son batteur d'origine suit le rythme des 2 formations et la chanteuse de The Soundbyte, Kirsti Huke, poussait, jadis, la chansonnette sur le dernier album de 2002 'Memoirs', signé The 3rd et The Mortal.

On a donc, en écoute, des musiciens chevronnés qui se connaissent depuis plus de 30 ans, pour une partie d'entre eux. Et même si t'as pas besoin d'un radis au paradis, l'heure de la retraite n'a pas sonné.

Trond Engum guitar/electronics
Rune Hoemsnes drums
Kirsti Huke vocals
Andreas Elvenes vocals
Geir Nilssen keys
Sigurd Ekle bass
Carl Haakon Waadeland percussion

La pochette du 5è album laisse la porte-fenêtre entrouverte à un calme Husky, blanc comme neige, figé, devant l'ombre qui sous-entend la lumière.
La musique serait-elle "Still quiet" pareil au joli toutou? Que nenni! 7 morceaux vont prouver le contraire par leurs turbulences.  

1ère secousse : un motif rugueux, combiné à la grosse caisse et synthé, aux effets électros, et rayé de gratte, bombarde l'intro de "Floating at Distance", ponctué par une sonnerie, jouée en accord de guitare. Le chant d'Andreas vibre solennellement. Le mid-tempo, sombre et puissant, claqué sur les fûts, ne sombre pas dans la déprime mais cultive une mélancolie enveloppante, parcourue de riffs stridents.

L'accalmie : les cordes doucement pincées sur la guitare acoustique ne contestent pas "Still quiet" en ventilant un poil 'Orchyd' de Black Sabbath, genre folk médiéval.

Le trou d'air : "The Fall of Illusions", dans la foulée, c'est le ciel qui te tombe sur la tête. Les chutes de grêle, éparpillées frappent lourdement les peaux de la batterie, parfois en roulant, amorties par un clavier grandiloquent et des arcs électriques à la guitare. Quant au chant majestueux d'Andreas, il s'approche de près du vibrato de David Bowie et souffle sur ses cendres.

Le crash : "Will you follow" prend la roue de "The fall..." sur un synthé d'abord écrasé, sous la voix sentencieuse, avant de devenir écrasant. Après un trip cataclysmique ambient/indust, plein d'explosions, une cadence monolithique parvient à s'installer avec des saccades de guitare. La voix prolonge son parcours parmi des éruptions puis, après une traversée cosmique, elle finit par s'éclipser, bordée de claviers, comme la lune dans un ciel chargé de nuages noirs.

L'exfiltration se fait dans la poussière par "When all is gone", particulièrement secoué à la batterie d'abord, alors que la voix s'y oppose par sa nonchalance. Kirsti finit par apaiser un clavier de braises qui fond à l'arrêt des frappes. Mais c'est pour mieux repartir d'un bon pied (et bonne main) et continuer d'alterner sur un passage suspendu à nouveau puis retour au tumulte musical, contredit par le chant posé.

Le salut : on arrive au morceau le plus fascinant de l'album "Can You See Me Now", chanté, magnifiquement et calmement, par Kirsti. Des coups sur les toms éclaboussent le thème glissant aux claviers dont le son de grand orgue magnifie l'orchestration. Des accords de guitares viennent épaissir l'instrumentation et lui donner encore plus de prestance. 

L'issue : l'enchainement se fait finalement par des bruits électros vers "Will you find a way", sorte de suite à "Will you follow", qui emporte la voix fragile et lente de Kirsti dans une noirceur, sans rythme, uniquement percée par un son de guitare ténu ou un faible clavier. Puis le retour d'un grand orgue et de la voix d'Andreas, en duo avec Kirsti, aboutit à une brève conclusion emphatique et lancinante. 

 

Un disque qui renie totalement son titre, tant il fait voyager à travers des montagnes russes.
Une œuvre post-metal (dans la famille de Julie Christmas ou Sylvaine, d'humeur modérée) aussi impressionnante que passionnante!

1.Floating at Distance 04:11
2.Still Quiet 01:30
3.The Fall of Illusions 03:39
4.Will You Follow 08:28
5.When all is gone 05:33
6.Can You See Me Now 04:29
7.Will you find a way 03:47  

Recorded in fuzz factory Berlin and meltingworks studio
Mixed by Michael Tibes and Trond Engum
Mastering Karl Klaseie
Cover artwork Håvard Gjelseth