ANGELLORE - "Nocturnes" LP 2026
Album Review
ANGELLORE - "Nocturnes" LP 2026
ANGELLORE est sur le pont avec son nouvel album, le 4è. Vous me direz 'normal pour un groupe avignonnais' formé il y a près de 20 ans (*). On dénombre 5 anges nocturnes, 2 femmes et 3 hommes, sans compter les feat. (qui les aide à bien marcher!) :
Lucia – Vocals
Rosarius – Clean & harsh vocals, electric & acoustic guitars, synths, grand piano
Walran – Harsh & clean vocals, synths, grand piano
Celin – Bass, additional guitars, EBow, backing extreme vocals
Ronnie – Drums & percussions
featuring :
Gunnar Ben – Oboe on “Falling Birds” & “A Dormant Stream”
Ségolène Perraud – Flute on “Falling Birds”, “Forsaken Fairytale” & “A Dormant Stream”
Dirk Goossens – Bass clarinet on “Falling Birds”
Raphaël Verguin – Cello on “Forsaken Fairytale” & “A Dormant Stream”
"La Litanie des cendres", plus haut en 2015 avait fait parler d'eux, en bien, auprès des adeptes de musique métal gothique, pas effrayés, ni par le chant des anges, ni par le chant du diable (genre Draconian, Moonspell et Tristania à qui ils ont emprunté leur nom de baptême).
Promenons-nous dans les bois même si le loup y est!
La pochette du nouvel album présente un chemin dans la forêt, une nuit de pleine lune (logo du groupe au-dessus, titre de l'album en dessous). Même pas peur!
On devinerait presque une main, tournant la manivelle d'un orgue de Barbarie à l'entrée de l'album mais si barbarie il y a, elle réside plutôt dans une voix sauvage qui arrivera plus tard. Pour l'heure, une rythmique profonde creuse l'ambiance écrasante avant d'entendre le filet de voix de Lucia, ressemblant à un saut de l'ange prolongeant sa suspension sur "Falling birds". Rosarius et Walran, les barbares, ne font qu'huns sur un piano et une guitare tremblante, ensuite, mais ils savent se calmer et retrouver un timbre plus proche de celui de Lucia, le long de cordes égrenées puis doucement frottées. En direction du final, la mélodie, désolante, ajoute un ton prog avec une flute, en laissant la batterie double-pédaler. Sans rétropédaler, le morceau retient le chant de Lucia, accompagné au piano et hautbois pour finir en comptine.
Après une intro heurtée provoquant des ondes au synthé, les claviers propulsent des vagues d'amertume sur "Black sun river". La voix sombre de Rosarius, genre Fernando Ribero de Moonspell (qui avait son 'Nocturna'), résonne dans l'espace. Lucia prend la suite, comme une princesse, et propose une alternance belle à la bête. Le rythme sait éclater ou se faire discret, libérant les touches agiles du piano. Sur les arrangements vocaux suivants, on entend le doux timbre féminin teinter les contours du chant (très) grave. Oh la vache, mamie s'émeut de tant d'arrangements emphatiques!
Retour de la flûte et de la guitare acoustique pour démarrer "Forsaken fairytale" sur une ambiance médiévale. Après un stop, la double pédale se met en action sur une guitare, jouée en trémolos. Le morceau s'installe alors sur un tapis plutôt morne, au-dessus duquel, la voix féminine survole. Comme un nuage rempli dans le ciel, le piano arrose alors et la composition avance, telle une litanie aux chœurs masculins. Un nouveau stop attend l'arrivée d'un orgue d'église, puis une guitare sans relief qui lance le chant death, épaississant la mouture. La batterie roule alors ses pédales en accord avec les nouveaux trémolos de guitare en passage black métal avant le nouveau changement en voix douce, précédant un solo de guitare sèche. Un dernier stop annonce la conclusion orgue/violoncelle format duet dans une cathédrale.
Les anges invités les premières secondes, ne présagent pas cette ouverture tempétueuse, à épaisse trame de guitare, bassement accordée, et chœurs cléricaux de "Martyrium". La flute revient, le synthé coule, mais les guitares, très rock, mènent la danse. Un passage en blastbeat pousse les guitares en hauteur, puis une voix de vipère crache son venin death. Les couches vocales se multiplient et le calme atmosphérique revient, ramenant le rythme au niveau d'un cœur au repos qui sied bien à la douceur de Lucia. La plage progresse alors avec emphase mélodique et théâtralité captivantes.
Douceur à nouveau pour "A dormant stream" où Lucia survole une guitare folklorique, bientôt rejointe par un violoncelle. L'orchestration se renforce ensuite avec une rythmique doomy et un hautbois envoûtant, matelas idéal pour la voix death qui s'y prélasse. Dans la deuxième partie, les arrangements symphoniques, avec claviers au son de cordes et chœurs aériens, prennent de l'importance, Lucia venant même se mêler au gras vocal puis, flûte alors qui n'arrive pas à enrayer le chant enragé! Tel l'orage, batterie et guitares cassent et creusent jusqu'à extinction.
Alors que l'album a pris du temps à mettre au point, son écoute coule de source. Les mélodies, somptueuses, nous aspirent en libérant leur lot d'émotions. Un album qu'on prend plaisir à entendre, et plus encore en nocturne pour tout l'or des anges...
TRACKLISTING
1-Falling birds
2-Black sun river
3-Forsaken fairytale
4-Martyrium
5-A dormant stream
Enregistrement aux studios Opus Magnum et Blackout à Bruxelles (Belgique), entre octobre 2021 et février 2022.
Certaines parties de batterie, basse, guitare, synthétiseur et clarinette basse, ainsi que les voix, ont été enregistrées par Déhà. La batterie a été enregistrée par Ronnie.
Le hautbois a été enregistré par Gunnar Ben à Reykjavik (Islande). Le violoncelle a été enregistré par Raphaël Verguin à Gambais. La flûte a été enregistrée dans l'antre de Walran, et le piano à queue au Théâtre des Deux Mondes (Vaison-la-Romaine, France) par Celin.
https://angellore.bandcamp.com/album/nocturnes
(*) discographie
2007 : Ambrosia (démo)
2008 : Les Promesses de l’aube (EP)
2009 : Merankorii / Angellore (split)
2009 : Élégies aux âmes perdues (EP)
2011 : Premières liturgies - soupirs d'aurore (compilation)
2012 : Errances (album)
2015 : La Litanie des cendres (album)
2020 : Rien ne devait mourir (album)
2026 : Nocturnes (album)

