AkA - "AkA" LP 2026
Album Review
AkA - "AkA" LP 2026
Le 'H', en moins (puisqu'il ne sert à rien, selon saint Brice!), empêche de le danser façon néozélandais mais t'as qu'à écouter et tu pourras te trémousser quand même. Sinon aka, ça veut dire alias non? A force de me creuser la tête, je vais finir par prendre un AkA selzer!
3 lettres, 4 musiciens bretons des environs de Ploërmel, allez Oust au bord de la rivière il parait...
Olivier Journaux (basse et chœurs), Guillaume Viaud (guitare et chœurs) et Julie Vidal (chant) démarrent en 2022 avec un premier batteur, forfait et, finalement remplacé par Stéphane Boullet (qui ne vient pas pour le faire... le boulet mais plutôt les tirer!).
Un disque vient de sortir et la pochette raconte une histoire, imagée par une guitare ensanglantée sur le sol d'un débit de boissons houblonnées, bien connu (Vu & bu). Elle ne s'est pas faite trucider, non, son propriétaire s'est usé les doigts sur les cordes et le batteur a immortalisé la scène, sang scrupules.
Et la musique... saignante aussi?
Entrée en matière des plus vigoureuses avec le grunge "Cartunk", rythmiquement carré, avec une voix en relief, qui crache et hurle. Le riff, à grosse mouture, fait rire démoniaque. On leur souhaite le carton avec "Cartunk".
Une note étirée, un riff évoquant les Pixies puis un développement rockement groovy. 'En plus de notre chanteuse de compète, un guitariste électrisant, un batteur incisif et un bassiste langoureux' (SIC). Lorsque Julie s'empare du morceau, elle le fait puissamment monter au ciel et d'ailleurs les anges ne tardent pas à y coller leur chœur. Guillaume, aussi, joue incisif avec une lame de fond qui t'embroche. Un super plat, épicé comme il faut, pour la titille des papilles. "Not half an Orange" pas la moitié d'une, c'est dans le titre!
Doux arpège cristallin, bien détaché, pour lancer la solide ligne vocale posée plus loin sur un rythme soul-blues aux arrondis de basse. "Blue shack" muscle ensuite son riff et Julie adore ça, gainant son grain de voix. La cadence, changeante, traverse des émanations reggae et lorsque les chœurs jouent aux gros durs au final, le morceau se fait hard avec des riffs tranchants. Beau combat sur le ring.
AkA aime la variété, "Pearl", la chanson suivante, démarre en balade, légèrement country, avant de rebondir sur des arrangements souples au riff sec, frotté, puis alterne, revenant à une rythmique où Stephane privilégie cercle et cymbales. Julie module chavirant même presqu'en miaulements.
La basse d'Olivier, sombre, menace l'intro de "Still drive" puis dès l'arrivée de la gratte et du chant presque rapé, on perçoit les influences Rage against the machine. Le ton, saccadé, secoue le corps et fait tomber les puces. Un solo en overdrive, et ça titube. Du lourd!
Décidément, le groupe montre sa capacité à varier les plaisirs. Un superbe riff, dissonant, ouvre pour un titre en français "La mort du loup", à ambiance médiévale qui me fait immanquablement penser à 'La tribu de Dana'. Attention hein, AkA reste beaucoup plus rock avec une instrumentation particulièrement épaisse et une grosse présence de la guitare, en accompagnement des spoken words passionnants! Sauvage!
"Alice" déroule un blues-rock chaloupé, plus traditionnel, bordé de chœurs langoureux et parsemé de wha-wha. J'avais senti un style similaire chez High Tide, groupe de Brest. Le solo de guitare apporte une dynamique intéressante avant de relâcher l'étreinte pour revenir boire le calice jusqu'à l'Alice'...
Grosse basse saturée et batterie en roulements constituent le compost plein de lombrics pour la voix, pleine de caractère et qui harangue. La guitare, en retrait, tapisse d'accords grungy. Le morceau, pêchu, rudoie les esgourdes sous les assauts de cymbales et claquements à la caisse claire. "No more neighbors" balance un sacré rock qui déménage les voisins.
Et comme par hasard, le titre suivant "Pyramide" nous prend à contrepied, avec une intro tremblante à voix chuchotée avant celle, sentencieuse en français. Les quelques notes détachées à la guitare, flottent au-dessus d'une basse grondante. Plus loin, Julie se met vraiment à chanter, passant à l'anglais, et l'envoûtement n'est pas loin avec cette trame mélancolique.
Yaka faucon, c'est pas toujours si facile! AkA réussit un premier disque de caractère, pas spécialement académique et tant mieux. Y'a matière à envoyer en live, et on n'a qu'une envie... y être!
Tracklisting
01-Cartunk 4:10
02-Not half an Orange 3:58
03-Blue shack 4:56
04-Pearl 4:07
05-Still Drive 2:50
06-La mort du Loup 4:23
07-Alice 5:07
08-No more neighbors 3:44
09-Pyramide 5:32

