Album - Drums 'n' Guns - Hail Hail

Album Review

Album: 
Album - Drums 'n' Guns - Hail Hail
Artist: 
Drums 'n' Guns
Style: 
post punk
Date: 
24/03/2020
Reviewed by: 
Michel Preumont

Album - Drums 'n' Guns - Hail Hail

 

And Chuck sang "Hail, hail rock and roll / Deliver me from the days of old."n and Garland added "Hail hail rock 'n' roll comes from R 'n' B and soul" and  in 1995 Pearl Jam came with "Hail hail" , c'est aussi le titre que Drums 'n' Guns a adopté pour son second album.

Wim Nellen et Bart Van Thuyne de Waregem, Jan Gobeyn et Marjo de Keukelaere de Aalter et Sam Dufoor de Gent ont attendu quatre ans avant de se décider à parachuter un successeur à 'Inanna'.

Il est né le divin enfant, il sera baptisé dans le courant du mois d'avril.

 

 Tracklist:

01 Foot Up Your Ass.

02 Must Kill A Radio.

03 King Of No Things.

04 Ocean Splits In Two.

05 Hail Hail.

06 What's Wrong With The Fire.

07 Prisoner in Tide

08 Palm Sorrow Beach

09 Nubian Lions

10 Vermin Plant

11 Split Second 

 

Une première surprise nous attend avec ' Foot up your ass" qui ouvre la plaque, un sérieux coup de pied au cul, tu peux le dire, Drums'n'Guns s'éloignent de la lignée stoner /alternative metal  pour pénétrer dans la zone postpunk, les guitares se font incisives, la basse lourde, la rythmique nerveuse et le chant blanc et froid, bref tout ce qu'on aime chez Gang of Four.

Le groupe, mis sur la sellette par un webzine du Nord, cite Idles ou Fontaines D.C., on ne jure que par les anciens:  The Sound, The Fall ou Wire...

Le tendu ' Must kill a radio'  est coulé dans le même moule et nous rappelle que le postpunk et la Belgique c'est une belle histoire d'amour: le Plan K, Annick Honoré ( une larme), les Disques du Crépuscule, des groupes tels que Isolation Ward, The Names, Siglo XX, Onderbronders ou Rank Z'Heroes ont écrit une belle page dans le volume eighties de la Belpop.

Tu dis, Eddy, Whispering Sons... d'accord, mais là tu fais un bond de 40 ans dans le futur.

Quoi encore, Eddy... si le groupe a emprunté I'm a lover, not a dancer à Michael Fassbender, et pourquoi pas à Meat Loaf ou à Jim Steinman? 

Ding, ding, ding... sa majesté the 'King of No Things' fait son entrée, elle ne passe pas inaperçue, le héraut, en mode déclamatoire, délivre son message et comme le groupe a paumé la partition de la 'Marche Royale' de  Jean-Baptiste Lully, il a confectionné un emballage plus rugueux et tempétueux.

Attachez vos ceintures, décollage imminent et vous, là-bas au fond, arrêtez de rire comme des débiles!

Le titre  'Ocean Splits In Two' a été lâché il y a une quinzaine de jours comme avant-coureur pour le futur album, il a fait l'effet d'une bombe de Bruges à Alost, faut dire que Moïse n'y a pas été avec le dos de sa teaspoon pour écarter les eaux de l'océan, les amateurs de grosses vagues peuvent sortir leur planche et cabrioler à loisir.

T'avais à peine ôté ta tenue de surfeur, achetée sur Ebay,  que les méchant t'assènent un furieux ' Hail hail' , bramé d'une voix qui fait passer John Lydon, ex-Rotten, pour un enfant de choeur.

Les premières mesures de '  What's Wrong With The Fire ' te parachutent dans les sixties, du côté du Michigan, un état où sévissait un combo considéré comme les précurseurs du punk rock, les légendaires MC5.  

Le  refrain scandé évoque quant à lui one of the most successful punk bands in the U K, Sham 69. 

'Prisoner in Tide' présente plusieurs pistes, après un démarrage sur les chapeaux de roue reposant sur un chant véhément,  une rythmique lourde et des guitares anguleuse, le morceau vire presque pop dans sa dernière ligne droite, avec un refrain que tu te prends à fredonner en pensant à Jeff Beck à cause de la silver lining.

'Palm Sorrow Beach', un des  titres  lents de l'album, n'invite pourtant pas à la bronzette sur la plage, il se dégage comme une impression d'angoisse dans le jeu, sobre,  des musiciens ainsi que dans le timbre oppressé du chanteur.

Post punk et zoologie, direction le Maghreb à la recherche du lion de l'Atlas,  les ' Nubian lions', dont il ne semble ne plus y avoir un seul spécimen vivant à l'état sauvage.

Le lion est majestueux, la plage l'est tout autant.

Après deux pièces relativement paisibles, retour au front avec  'Vermin Plant', un assaut fiévreux emmené par un jeu de batterie fougueux , un chant rageur et des guitares mordantes, cavalant comme si elles avaient le feu au cul.

L'album prend fin avec l'intense et obsédant   'Split Second' que tu n'associeras pas à l'EBM en pensant au projet de Marc Heyndrickx.

 

Verdict: without very much fanfare Drums'n'Guns s'est hissé jusqu'au  rayon incontournables dans le paysage rock belge.

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